XXY

XXY

« C’est un spectacle époustouflant, concert, danse, cinéma, hors cadre où le rythme nous porte, la musique nous transporte et les images nous provoquent. » Fabienne Schouler – Arts-chipels.fr

 

En 2018, Clotilde présente son premier moyen métrage de création XXY [ɛks/ɛks/wʌɪ], expérimentation sensitive interdisciplinaire qui a fait l’objet de sélections dans plus d’une trentaine de festivals de films internationaux et a reçu cinq prix et nominations. Aujourd’hui, dans sa continuité, elle prépare XXY une œuvre totale pour dix interprètes, une réflexion interdisciplinaire sur le Féminin au-delà des injonctions de genre.

 

C’est l’occasion pour Clotilde, ici également interprète, d’incarner au plateau sa réflexion sur le Féminin au-delà de nos enveloppes corporelles de Femme ou d’Homme. Confrontée au sexisme développé par une société duelle qui divise et oppose, une société qui fait de Violence, Domination et Profit ses principaux générateurs de valeurs, elle interroge la potentialité de déplacer notre regard pour déconstruire ces systèmes et en ériger de nouveaux qui valorisent notre puissance d’être dans un échange collectif bienveillant et émancipateur à l’image du Vivant.

 

Envisager une révolution des symboles qui s’opère dans nos esprits et dans nos corps et qui nous propose une autre définition du Masculin qu’une sècheresse virile et dominante issue d’une déchirure imposée d’avec le Féminin ? Réveiller la mémoire d’un Féminin universel et multiple ? Libérer le Féminin en chaque être humain ?

Clotilde questionne la possibilité d’un « homo-supra » qui se serait ré-approprié ses deux moitiés que sont le Féminin et le Masculin, l’Anima et l’Animus, le Yin et le Yang, le Gu et le Ru. Elle dessine les contours d’une humanité réintégrée dans sa plénitude alliant individualité et universalité / sensibilité et intelligence / intuition et raison / corps et esprit / action et compassion / ombre et lumière / être et néant / vie et mort.

 

Les mouvements des corps virils et bruts des 5 danseurs de Hip-Hop chorégraphiés par Mehdi Diouri et Céline Tringali (Cie MehDia, Cie Käfig-Mourad Merzouki) dessinent l’expérience de la fluidité, la possible incarnation du Feminin dans le corps de l’homme : l’homme vulnérable, l’homme sensible, l’homme accueillant. En miroir, 5 musicien.ne.s au plateau battent les pulsations et les vibrations d’une transe poétique orchestrée par Grégory Dargent (H, L’Hijaz’Car, Houria Aïchi, Manu Théron, Babx), musique expérimentale et improvisée qui appelle vers un ailleurs. Leur correspondent les corps de femmes dansant leur Féminin et leur Masculin, images projetées en un décor vivant, expression d’un autre état d’être.

Toutes ces formes sonores et corporelles qui naissent et meurent en permanence, dressant leur présence dans l’absolu instant, évoluent dans le contexte immersif de jeux d’ombres révélés par les lumières de Gérald Karlikow (Fondation Cartier, Martha Graham). Dans un décor de structures d’échafaudages et de voiles filaires, elles se jouent de la polarité, de l’espace et du temps en des mouvements pendulaires. Transmutations d’un réel, elles en dessinent les autres contours.

 

« Il est essentiel à mes yeux que le public aborde l’œuvre par sa dimension affective et sensorielle avant d’entrer dans l’analyse, comme dans un rêve que l’on vit avant de l’analyser. Il n’est pas question de réinventer nos systèmes de croyances au plateau. Il s’agit au contraire de plonger dans le réservoir des symboles de l’âme collective, de surexposer la constance de nos systèmes d’antagonismes dans un hyperréalisme aveuglant. C’est en soulignant les dualités révélatrices de notre inconscient culturel et subjectif en matière de Masculin et de Féminin, qu’on peut s’en affranchir et amorcer un dialogue fécond qui réalise l’union de nos moitiés d’être.
Décentrer notre regard, envisager les contraires comme les degrés d’un même état d’être, et par un mouvement perpétuel d’oscillations pendulaires flirter avec ce point d’union du néant total et de l’être absolu, avec la plénitude de la vie, équilibre éphémère et éternel à la fois. » Clotilde

 

Plus qu’une pièce muette où pour paraphraser Cocteau « la parole est traduite dans le langage corporel et les gestes ont le relief des mots et des cris », XXY est une polyphonie interdisciplinaire, un empilement de sensibles où la musique, le mouvement, les images et les ombres sont les vecteurs du sens. Chaque discipline artistique décline les attributs conventionnels du Féminin et du Masculin et dit sa partition indépendamment des autres. Lorsqu’elles se rencontrent au gré des synchronismes accidentels, émerge une nouveau regard qui jette les bases d’une révolution symbolique.

 

« Un moment hors du temps, une exploration multi-sensorielle et singulière du Féminin et de la question du Genre » Fabienne Schouler – Arts-chipels.fr

 

Conception et direction artistique Clotilde
Chorégraphie Mehdi Diouri et Céline Tringali en collaboration avec les artistes interprètes
Composition Grégory Dargent en collaboration avec les artistes interprètes
Création lumière Gérald Karlikow
Sonorisation Céline Grangey
Création des structures métalliques Reicko – Willy Pierre-Joseph
Création plastique des lanternes transes  Anne Mars et la Martiennerie
Création mécanique des lanternes transes Héliobil
Création des costumes des danseurs Iuliia Gulina

Interprétation musicale
Grégory Dargent (Guitare électrique, Synthétiseur modulaire, Fx), Anil Eraslan (Violoncelle, Fx), Fanny Lasfargues (Basse acoustique, Fx),  Jean-Louis Marchand (Clarinette basse), Clotilde (Voix, flûte)

Interprétation chorégraphique
Interprétation chorégraphique : Laurent Bélot (Hip Hop, Breaking, Contemporain, Capoeira), Adrien Goulinet (Bboy, House, Hip Hop), Willy Pierre-Joseph (Hip Hop, Dancehall, Afro, Jazz),  Edwin Saco aka Jamsy (Krump), Djeff Tilus aka Jeef Styles (Breakdance)

Réalisation et montage des films, Vjing  Clotilde
Interprétation chorégraphique des films Marina Chojnowska, Keiko Sato, les danseuses du Shanghai Jin Xing Dance Theatre, Courtney Moreno et Tony Nguyen de la Cie BANDALOOP
Direction de la photographie des films Florent Bourgeais

Conseil en art numérique et multimédia Arnaud Girard
Intervenants Dahara – Kung-Fu des maîtres du Tien Ti Emile Morinière et Lucile Blanc
Relations presse et relations extérieures : Elektronlibre

 

 

« Au début du spectacle, on est enveloppé par le son, d’abord comme une vibration, comme une pulsation, ce que Clotilde Rullaud appelle 'transe ancestrale et qui doit modifier nos sens et éveiller nos émotions'. Pari parfaitement réussi.

ARTS-CHIPELS.FR - Fabienne Schouler

« C’est complètement brut, intense, violent, saugrenu parfois, provoquant et à la limite de temps en temps de l’hallucinatoire. Les images sont belles, le rythme colle parfaitement avec la musique et les danseurs. »

ARTS-CHIPELS.FR - Fabienne Schouler

« Si la virtuosité ne semble pas être la préoccupation première de l'autrice qui insiste plus sur la question du genre, les danseurs assurent suffisamment et, surtout, sont à même d’illustrer, par l’exemple, preuves à l’appui, la thématique de Clotilde Rullaud. Ils mixent, pour certains, quasiment dans une même phrase, un même élan, la virilité la plus rustaude ou costaude et la partie féminine enfouie ou refoulée. »

DANSER, CANAL HISTORIQUE (FR) - NICOLAS VILLODRE

« Clotilde Rullaud s’avère être une grande metteuse en scène en plus d’être une musicienne et une vidéaste. C’est une touche à tout, une magicienne, une exploratrice plurielle et aussi une artiste internationale qui fait émerger de nouveaux langages artistiques et poétiques. »

ARTS-CHIPELS.FR - Fabienne Schouler

Autour de la pièce :

Avant d’entrer dans la salle le public pourra découvrir l’exposition DINTJARE de la plasticienne de la pièce, Anne Mars en coopération avec la Martiennerie. Elle abrite en son coeur une installation sonore et visuelle, rencontre des papiers découpés d’Anne Mars et de l’assemblage des mots sur le Féminin dans la fluidité du Genre, collectés lors d’actions culturelles auprès de différents publics : jeunes, associations de femmes, séniors. Antichambre de la pièce dans laquelle le public peut s’entendre, elle permet une préparation de l’écoute et du regard.

 

« Il faut donc réellement souligner cette démarche pédagogique qui devrait pouvoir être reproduite beaucoup plus souvent. Créer des liens entre le théâtre, les spectacles qui y sont programmés, les questions de société et travailler là-dessus avec une plasticienne et des collégiens et lycéens de la ville en parallèle, n’est pas si courant. Ce spectacle est une expérience multi-sensorielle et originale qui fait appel à nos sens oui mais aussi à notre réflexion et cela fait du bien. » Fabienne Schouler – Arts-chipels.fr

Crédits photos : Benoite FANTON, Donasso, Romain ALLARD, Sarah SALARI
Visuel de l’affiche : Stayreo
Graphisme de l’affiche : Bérangère Lallemant